Le village de Kouamékro, dans le département de Taabo, a accueilli, le jeudi 19 février 2026, le lancement officiel de la 30e édition de la Journée nationale de lutte contre les feux de brousse.
Cette cérémonie marque également l’ouverture de la campagne nationale 2026, placée sous le thème : « Lutte contre les feux de brousse et restauration de la couverture forestière nationale, tous engagés ».Dans son discours, le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan a salué la forte mobilisation des populations de l’Agneby-Tiassa, soulignant que la protection de l’environnement est une responsabilité collective. Le ministre des Eaux et Forêts a livré un message ferme, appelant à une prise de conscience nationale. « Quand le feu court plus vite que celui qui l’a allumé, quand il franchit la limite du voisin pour dévorer la forêt ou le village, ce n’est plus un outil de travail. C’est un péril national », a-t-il averti.
Rappelant que les incendies ne relèvent ni du hasard ni de forces mystiques, le ministre a insisté sur la responsabilité humaine dans la majorité des sinistres. Chaque année, de novembre à avril, le pays fait face à des pertes considérables. En 2017, les dégâts étaient estimés à 204 milliards de FCFA et 17 vies humaines perdues.
Évoquant les 200 hectares de cultures ravagés à Taabo-village ainsi que les drames de Léléblé et d’Ahouakro, il a souligné que derrière les chiffres se cachent des familles brisées et des années d’efforts réduites en cendres. «Dénoncer un auteur de feu incontrôlé, ce n’est pas trahir, c’est protéger la communauté. Face à la désolation, nous devons opposer un cri unique : «Les feux de brousse, ça suffit ! », a-t-il exhorté.
Malgré des pluies favorables en début d’année, le ministre a mis en garde contre les risques accrus à l’approche de l’harmattan, la végétation abondante pouvant nourrir des incendies plus violents. Il a annoncé le renforcement du dispositif avec l’installation d’une base opérationnelle à Kahankro et la mobilisation permanente des services compétents. Son appel est clair : « Zéro feu inutile, zéro complaisance, zéro indifférence. » Pour Jacques Assahoré Konan, la lutte contre les feux de brousse dépasse les forestiers et les pompiers ; elle engage agriculteurs, éleveurs, chefs traditionnels et leaders communautaires. La protection de la forêt est désormais présentée comme un devoir sacré et un impératif pour l’avenir des générations futures.
Peu avant lui, le maire de Taabo, Beugré Bernard Kouadio, a exprimé la gratitude des populations pour le choix porté sur Kouamékro. Il a réaffirmé l’engagement du conseil municipal à intensifier la sensibilisation et à lancer un programme de reboisement de plus de 10 hectares. Les représentants régionaux et communautaires ont également appelé à une prise de conscience collective face à ce fléau aux impacts économiques, sociaux et environnementaux majeurs.
Harry Diallo, depuis Taabo
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